Le masque

Je suis au-delà de l’amour et de la mort et de la vie.
Je suis cela depuis toujours, depuis toujours Je suis ainsi.
Nul ne peut vraiment Me connaître, ni les savants, ni les ascètes,
Ni les magiciens, ni les prêtres, ni les guerriers, ni les poètes.
Derrière ce masque Mon visage est celui de milliers d’idoles.
Je suis l’Éternité sans âge où se rejoignent les symboles.
 

Lumière mouvante dans les astres et tourbillon de galaxies ;
Faiseur de joies et de désastres, faiseur de mondes que Je détruis.
Je suis chaleur équatoriale, berceau grouillant plein de dangers ;
Je suis une aurore boréale sur la banquise immaculée.
Je suis l’eau, l’air et le granit, le cœur, le secret de l’atome,
Les dieux, les démons et les rites, Je suis le verbe, Je suis l’axiome.
 

Divin, humain et animal, violent, charnel, tendre et brutal ;
Exubérant et végétal, abstrait et intersidéral.
Je suis la matière de la terre, le feu, le fer, l’or, l’alchimiste ;
Je suis l’endroit et puis l’envers car Je suis tout ce qui existe.
Je suis au-delà de l’amour et de la mort et de la vie.
Je suis cela depuis toujours, depuis toujours Je suis ainsi.